Catégorie : Chez moi

Je suis née de l’automne…

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Je suis née de l’automne…(@Joëlle W. 2016)

Je suis née de l’automne, dans les chaudes couleurs au sein même du Bois de Boulogne.
Creuser un peu dans la chair de mon corps pour y trouver ma vie,
Y trouver eux, les parents, les aïeux et d’autres avant eux.
Je suis avant tout gardienne de l’infime, ainsi depuis des lustres,
La transmission des molécules de vie en vie, en héritage à moi transmis
Qu’à mon tour j’additionne au masculin choisi,

Après je suis un détail de la chaine
Où ma vie née de l’automne à reçu tant et tant ;
Là, à Bicêtre, si petite au bas d’un escalier si raide,
Le poêle qui m’attend, ronronne et je l’entends.
Heureuse mais si vive aux câlins,
Je m’y brûle la jambe.
Reste aussi l’ombre de l’araignée géante,
Source de peurs jamais éteintes.

A Montmirail tout est possible… (@Joëlle W. 2011)

Le fantôme d’un peuplier assassiné appelle ses frères aussi tombés
Sous les dents acérées des meurtrières scies.
A Montmirail tout est possible.
L’enfant que j’étais, écoutait la nature,
Savait le nom des fleurs,
Les chants des oiseaux,
En invitait souvent, grenouille ou grillon
Dans l’immense dortoirs aux filles.

Sitôt que j’entends les tristes plaintes, je m’approche,
Voulant de tout mon cœur, le serrer dans mes bras et l’apaiser ainsi.
Je trébuche, et ma jambe s’enfile
Sur l’écaille pointue d’une souche,
Bois bien droit comme un doigt levé vers le ciel,
Dénonçant l’injustice.
Jambe droite qui porte alors,
En cet instant douloureux,
Les cicatrices me le disent encore,
Le sang rouge de mes ancêtres, et la sève de l’arbre,
Un lien de sang que j’explique aujourd’hui, à l’automne de ma vie
Tant les arbres me parlent et les forêts aussi.

Rencontre muséale…                      (Livioandronico2013 — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=54858474)

Plus tard je suis allée dans ces bars, jamais seule,
Pour me perdre dans la musique et la danse,
M’étourdir au point de m’envoler ;
Rencontre muséale au doux printemps révolutionnaire.
Passion.

Plus de quatre décennies d’intimité, de joies,
De bonheurs, de luttes, de déceptions, d’irracontable.
Une horloge qui se fige et un portrait qui s’affaiblit,
Mutilation contre silence.
Entre-temps, un soir, sur un voilier où je ne suis jamais descendue,
Sur une mer que je n’ai jamais chevauchée.
Nantes promise, un rendez-vous volé.
Triste retour : dans la tête un marteau-piqueur attaque l’os
Et le mal de cœur ne choisi pas l’endroit de sa chute.
La guitare s’est tut, le guitariste a sombré.

Auparavant, j’avais accompagné le cavalier lycéen sur son cheval de fer,
Vitesse incontrôlable dans l’amollissement des corps qui se fondent.
La ville nous enserre, et serpente autour de nous.
Appeler çà l’extase, pourquoi pas,
Première fois dans les boum-boum d’un jerk.
Et plus tard, bien plus tard,
Corps meurtri d’une chute répétée à l’infini de ma vie,
Dans le miroir qui tombe, qui tombe, qui tombe, encore et encore.
Alors il casse. Il est cassé.

Eternellement, « Quand on en perd un… Y a pas de mot ! »
Et la chute éternellement continue.
Et l’empreinte d’un baiser dans la fugacité d’un rêve
Si fort que la réalité bascule, la folie est si proche.
Et se relever encore.

Y remuer les cartes postales de la valise en carton… (@Joëlle W. 2013)

Aujourd’hui, la cicatrice zèbre mon corps
De la pointe des cheveux à l’ongle du doigt de pied droit,
A peine fermée-ouverte.
Passer les doigts sur chaque bord pour l’ouvrir un peu plus.
Tirer pour casser la résistance.
Y remuer les cartes postales de la valise en carton,
En tirer les portraits,
L’un d’eux pourrait être le mien.

Promptement,
Les cartes-postales finissent par s’expulser,
Un ressort en est la cause,
Et pendant que j’essaie de décrypter leur message,
L’explosion éjectent tout le reste,
Cartes-photos,
Maux et bonheurs,
Violement au ciel qui n’en veut pas
Et les rejette au sol dans un fabuleux désordre.

Mon ventre vomit des souvenirs qui scarifie ma peau.
A croire que je ne digère plus les bois qui circulent dans mes veines.
En même temps, le temps de la transmission n’est pas terminé.

J’étire mon écriture, sans façon, en un poème,
Comme un hymne à la Joie :
Celle que l’on a au réveil de se sentir vivant,
Celle que l’on a à revoir ses enfants,
Celle que l’on a un instant au soleil couchant,
Celle que l’on a d’écrire un poème
Celle que l’on a à transmettre sa joie…

Sous la cendre couvent les colères, Dans le puits oublié, elles s’y jettent, s’amenuisent. (@Joëlle W. 2016)

Et puis, que savoir des souffrances qui dépassent du toit,
Mon tout est bien qui finit mal de toi et qui brise mes rêves.
Montée de sève en printemps de jeunesse
Mais aussi à l’automne de la vie qui s’effrange.
De tuiles grises en tuiles roses,
La basse maison s’approche de Ladignac,
Où rivière secoue les idées noires,
Où cheminée fume une chanson.
Sous la cendre couvent les colères,
Dans le puits oublié, elles s’y jettent, s’amenuisent.
Les herbes aux gueux s’entortillent autour,
Etouffantes, ligneuses et vicieuses créatures
Promptes à faire disparaitre les soubresauts.

Dans les livres les arbres se cachent,
Mutilés, aplatis dans la pâte à papier.
Chuchotements continus de lettres en voyage,
Vadrouillant ici de page en page.
En piéger un entre mes mains :
L’ouvrage se laisse prendre au jeu et murmure l’histoire.

C’est ici sans doute que finira ma métamorphose.
Auprès de mon bois je vivrais heureux
Comme un arbre enraciné au pied de la colline
Près de la maison sans âge.

 

Joëlle W. 21 février 2021.


Champs nocturnes…

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Me faufiler par cette chatière ridicule

Crépuscule. Me faufiler par cette chatière ridicule. Examiner les abords, humer l’air frais de novembre, champignons, feuilles en pourriture, amoncelées par les brises colériques de saison et les pluies rageuses qui se sont acharnées, relents de chiens mouillés venant de l’autre côté de la route, plus vifs dans l’humidité collante. Sur mes gardes, j’entame ma ronde de nuit. La reinette est revenue dans le yucca et coasse son agacement. Elle n’est pas seule sur cette feuille. Quelques escargots ont fui dans leur intérieur de carbonate de calcium, en attente du silence.

La reinette est revenue dans le yucca… 

Il est temps de tourner le coin de la maison, franchir le no man’s land entre cour et jardin et gagner mon monde.

On ne m’entend pas frôler l’herbe quand j’arpente mon territoire, ni fendre l’air sur ma proie. Le chat avance toujours en terrain conquis. Là, les pierres d’un muret ont été chamboulées. Qui peut s’y cacher, y jeter un œil et suivre l’effluve d’un mulot. Il ne vit pas là mais s’y assoit, museau en l’air pour sentir le danger, son danger de mulot, ses prédateurs à l’affut. Je renifle les peurs, m’excite les papilles et salive, aussitôt détourné de ma chasse par la vibrance de l’air sur mes moustaches. Dans la nuit sur le champs et la forêt, je ne règne pas seul. Une rivale ailée vient de survoler et chiper la proie. Elle se pose sur la souche du tilleul mutilé l’an passé, et victorieuse, crie. La chouette chevêche est reine de la nuit ; Le « wiou » bitonal puissant effraie les hommes, inquiète le chat. Chante la belle, chante… Reflexe de chat, le noyer dépouillé sera son havre, le temps que les choses se calment, que le champs s’apaise et que la forêt bruisse à son habitude. L’obscurité enveloppe tous les obstacles jusqu’au sommet de la colline rejoint par les étoiles ; la lune pleine sème les ombres autour des buissons, en lisière du bois, dans les roseaux sauvages qui s’agitent, sonnant le creux quand ils se rencontrent. Là c’est trop serré pour rattraper la musaraigne égarée qui fuit à toutes pates les crocs félins. Humer la chaleur de l’animal apeuré, tendre une pate griffue vers elle… La tuer ? Oui, c’est son rôle de seigneur et maître. La manger ? Non… Elle fait vomir. On ne m’y prendra plus. La fable est drôle…

A l’autre bout, la frontière entre champs sauvage et champs cultivé. Les labours ont creusé des sillons et le brun de la terre contraste avec le vert du champs rustique. Tenter une incursion… Le maïs, c’était un terrain de chasse et de jeux épatant, avant la récolte. La terre a englouti les bouts des tiges coupées. Reste la rafle abandonnée, éparse, sans plus d’utilité.

 

Elle fait mouche à chaque attaque …             Une chouette effraie, dite dame blanche, prise au vol dans un bâtiment. | FABRICE SIMON (Ouest France)

Cette nuit de pleine lune, est de celle qu’il préfère, lui, le félin, juste suffisamment lumineuse pour visiter son domaine. Des intrus, il y a toujours. Alors uriner en reniflant les effluves de l’importun, sur le buisson de pyracanthas, ou sur les feuilles du laurier-cerise qui clôt une partie du domaine, ou encore sur les pierre d’angle de la grange… Le lieu est calme et tiède, quel que soit la saison. Les rongeurs s’y sentent bien et une dame blanche garde le butin de rongeurs réfugiés. La chouette effraie au vole silencieux vit là, dans la bâtisse qui résiste au temps. Elle fait mouche à chaque attaque sur la minuscule population. Lui, il la ressent plus qu’il ne la voit, surprenant ses chuintements et ses soupirs d’humains. Il s’en moque un peu. Il y dort, dans une espèce de crèche pour des vaches d’un autre temps. Lever la tête en curieux et la reposer aussitôt que la petite victime ne crie plus, un grand bâillement, puis un ronronnement de bien-être et le jour peut venir…

 

Joëlle W. 02-11-2020


J’ai décidé de vous le dire…

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OCTOBRE ROSE 2020


Se surprendre à dire « Maman » un dimanche de pluie…

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Non loin de Guérande - 2017

Non loin de Guérande – 2017 – un dernier rêve…

Se surprendre à dire « Maman » un dimanche de pluie. Un dimanche mouillé d’avril.

Il n’y a que moi qui m’entend le dire. Le mot ne rebondit plus sur elle et ses yeux au tendre bleu, égarés dans la cécité. Nous voir, c’est nous entendre. Vide absolu.

« Maman » s’évapore. Bulle de savon s’éloignant, montant vers… là-haut. Sans un mot. Elle s’efface peu à peu encore d’aujourd’hui. C’est une évidence.

Reste le mot, en suspens, comme la bulle de savon. Petite chose fragile ou la lueur de vie vacille.

Reste des pensées, des rêves et des cauchemars d’une longue vie qui disparaît avec ses secrets, ses non-dits, ses mystères. Plus de témoin non plus.

Dire « Maman » encore une fois, pour qu’elle tourne la tête dans un ralenti qui ne finirait jamais, recevoir les mots d’amour de l’enfant pour toujours.

Dire maman souvent, sans verser de larmes sur ce mot désormais inutile, sans écho.

 

Avril 2020 – Confinement Covid 19


Du temps et des mots !

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Forêt de mots de lettres

Forêt de maux et d’être.

Des modèles et puis…

Des mots d’elle, enfin !

Revenir à mon crayon noir

Saisir la page blanche

Ecrin pour ne rien dire

Ou plutôt…

Ne rien dire et tout écrire

Le délice d’un rêve en couleur

L’épouvante du noir cauchemar

L’inventaire de mon placard

La liste des courses

Qui restera inachevée…

Et au soir, à la brunante

Ou à l’aube naissante

Ecrire les vers désordonnés

Qui grouillent dans ma tête

En vers bien ordonnés, bien rangés

Sur le carré de papier.

Fracas d’ailes, brusque.

La chute, si douce, douce…

Assommé.

Le minuscule volatile

A fermé ses yeux.


Sa chambre à elle…

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Jeu d’incipit… qui appelle les souvenirs, une douce mélancolie, une tristesse de l’âme que l’on écrit pour ne pas avoir à la dire… enfin ne pas avoir à la partager intimement mais à donner à lui, à l’autre l’occasion d’apprécier ce qu’il a encore…

Sa chambre à elle…

« Le calme. Le gris[1] ». La chambre, immense. Des murs unis, anciens. Ici, le rectiligne est bannit. Quatre murs, deux fenêtres, une porte. Close, la porte.

Là, un grand lit de bois peint gris sombre, tranchant. Placé de telle sorte qu’une fois les lourds volets de bois bleu lavande ouverts, elle puisse embrasser d’un coup, tout le jardin.

Pour le plaisir des yeux à son réveil, elle a disposé à gauche de la fenêtre, quelques-uns de ses bonheurs préférés… Rien qui ne puisse blesser le regard… Guéridon précieux d’un peu d’intimité. Des rondeurs dans cet empilement de galets ambrés, plats et polis. Quatre. Le plus grand dessous est très clair, se détachant parfaitement sur la nappe juponnée fuchsia.

Jérôme, photo de mannequinat… Le revoir, même en photo, et dire de lui… pour qu’il vive encore…

Un jeune enfant de porcelaine blanche, assis sur un banc esquisse un geste vers elle quand elle le regarde. Une bougie, ronde, rose pâle dans le photophore sur lequel s’appuie l’enfant, dresse sa mèche dans l’attente de la flamme parfumée et réconfortante.

Ses yeux glissent encore doucement dans ce rite matinal, journalier, vers le pot à eau blanc, au brillant irrégulier, âgé, à l’anse généreuse, accueillant chaque semaine une douzaine de roses fraiches, boutons à peine éclos. Le parfum discret, subtil n’entête pas. La fraicheur des roses est aussi dans les tons doux de leurs robes. Le blanc crème domine. Parfois et différemment pour chacun d’elles, un ourlet irrégulier d’un rose soutenu, dans la tonalité de la nappe, rehausse leur pâleur encore. Une nuance délicate vert pâle donne aux pétales cette transparence particulière de la porcelaine fine de chine.

Enfin, elle caresse des yeux le portrait, adolescent éternel, dans le cadre vieilli de bois blanc, écorché par la vie…

Ecrit en Février 2014

[1] Robert Pinguet – Passacaille « Le calme. Le gris »


Un drôle d’oiseau…

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La buse variable...

La buse variable…

Une vision, fugace.

Il est là sur la margelle du puits, le grand oiseau brun.

Il guette le souriceau imprudent, l’oiseau blessé, le lapin égaré…

Aurais-je le temps… d’aller chercher l’appareil photo… sur le buffet ?

A reculons, tout doucement, je passe la porte et…

Je cours attraper mon Canon… et je reviens.

pffff….

Mon cœur tape fort, d’émotion, d’excitation…

Et… Il est toujours là.

Pas le temps de me poser des questions, clic, clic.

Il tourne la tête, et … s’envole. M’a-t-il vu ?

Ces images de l’envol me laisse émerveillée.


Le chat sur la terrasse…

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follette-en-terrasseAmie fidèle… Follette sur la terrasse goûte les derniers rayons de l’été indien…

 

LE CHAT ET LE SOLEILfollette-en-terrasse-2

Le chat ouvrit les yeux,
Le soleil y entra.
Le chat ferma les yeux,
Le soleil y resta,

Voilà pourquoi, le soir,
Quand le chat se réveille,
J’aperçois dans le noir
Deux morceaux de soleil.

Maurice CARÊME

 


C’était arrivé…

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Inconsistance... Revenir à la vie...

Inconsistance… Revenir à la vie…

C’était arrivé. J’y étais. Mais où n’était même pas une question. J’y  étais.

No man’s land !

Impossible. C’était quoi ? Impossible de me tromper. Solitude totale et aveugle. Ou presque… Des ombres ? Des vapeurs d’ombres. Des vapeurs… Vaguement… L’infiniment petit ou l’infiniment grand ? Le gigantesque ? Les deux…

Me retrouver ? Tendre un bras… Inconsistance. Que le souvenir de ce que j’ai pu être. Ou bien quoi ? Rien. Il ne me reste rien. Je ne suis plus. Rien !

Mais il me reste la vue… Pour ne rien voir. Ce qui m’entoure n’est pas noir, du noir intérieur derrière les paupières… Il n’y a rien. Où suis-je ?

Mais il me reste l’odorat… Pour sentir, ressentir et par le nez, respirer ! Non… Ni l’air marin du port de Lendunvez et de ses algues découvertes par les flots tumultueux, ni celui de la ville où bitumes, déchets et poussière de parc mouillé par la pluie des forêts landaises n’arrivent jusqu’à mon nez… Un souvenir médicamenteux, effluves imperceptibles de résine des pins maritimes bordant à l’infini les allées de sable fin, relents légers de térébenthine forts, pénétrants, flirtent avec mes narines… A peine… Non. Que des souvenirs. Je ne respire rien.

Plus De vie ? Je suis morte ? Que du rien ? Du néant pour moi seule.

C’était quand ces vapeurs ? Et c’était quoi ? Mémoire primaire des besoins physiologiques.

Si je pense, je suis, non ? Si je suis, alors je suis comment et où ? Je suis un souvenir qui erre dans un no man’s land. Entre deux mondes, deux instants deux quelque chose. Deux « Moi », celui d’avant mal vivant, Celui d’après, inconscient.

L’ouïe. J’entends. Les « blop-blop » de bulles qui éclatent…

J’y suis arrivée. Je m’éveille à ma nouvelle vie d’autres souvenirs… Après les limbes, arrivée dans la vie de mon nouveau cœur…

 

 


Parmi les photos trouvées à la brocante…

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l-homme-assis-dans-le-jardin

Au dos de la photo : « Léon Prat, 22 ans, Août 1898 à La Rochelle dans le jardin de Mr Thierry »…

L’homme assis dans le jardin…

Premier regard… De la nonchalance. Non ! Plutôt une apparente tranquillité qui attire.

La quiétude d’une douce après-midi, en été peut-être…

Costume clair pour la saison. Et ce chapeau tombant sur le visage…

Fauteuil pliant en bois,  avec une toile de coton dont j’aperçois quelques rayures, façon « transatlantique ». De quoi rêver… J’adore ces photos anciennes et cette apparente douceur de vivre…

L’attitude du lecteur, juste pour la photo ? Je ne le saurai jamais, et pourtant, la prise de vue, a dû nécessiter un temps de préparation…

Le cliché est ancien. J’aimerai en savoir plus. Une indication au dos peut-être… Oui. Ecriture penchée et soignée apprise sur les bancs de l’école de jadis… Et bien qu’écrite au crayon mine, les lettres penchées sont encore bien lisibles «  Léon Prat, 22 ans, Août 1898 à La Rochelle dans le jardin de Mr Thierry »…

les-appareils-photos

sources : internet

Léon est immortalisé dans sa lecture. Il ne semble pas feuilleter un journal… Pourtant la presse du 30 août 1898 … Impossible d’ignorer que ce jour-là, le Colonel Henry se reconnait comme l’auteur du faux à l’origine de la condamnation de Louis Dreyfus. Ni d’ignorer l’actualité du lendemain, où le colonel Henry se suicide…Non. Je l’imagine plutôt plonger dans un roman d’aventure de Jules Verne, ou d’Arthur Conan Doyle… Vu l’épaisseur du document ce pourrait aussi être une revue scientifique ou un almanach… Dans la revue il aurait pu y lire la découverte par Gustav Witt, le 16 août 1898 de « 433 Eros »… Un astéroïde « géocroiseur » qui orbite près de la Terre… Il aurait appris que c’était le premier objet de ce type…

Mais finalement il ne fait peut-être que poser pour l’un de ses amis, ou  son frère ou un oncle !

Il se fait sujet pour une chambre photographique,  ancêtre de nos appareils photos !