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La Maison Noble des Ondes et sa Seigneurie…

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Quelques recherches plus loin… Enfin !

Un moment d’émotion en publiant les premiers résultats de mes recherches sur la Maison Noble des Ondes et sa Seigneurie… En prime, un voyage à travers l’Histoire de la région, de la France, des familles qui l’ont possédée, qui l’ont habitée, qui l’ont fait vivre…

En premier lieu, des généalogies qui se mêlent, s’emmêlent, se démêlent… se croisent et parfois disparaissent au détour d’événements graves de notre Histoire, de la révocation de l’Edit de Nantes à une Révolution Française devenue trop sanglante…

Fief des Ondes : Plan terrier unique pour ce domaine. (Sources AD47 – Photo Joëlle W.)

Alors voilà mon histoire qui se mêle à leurs histoires…

Sur le territoire de la commune de Trentels (47), il y a d’anciennes demeures. châteaux, manoirs, fermes, il y a des grottes, il y a un moulin et des barrages sur le Lot, des « moulinates » sur les ruisseaux qui nourrissent notre campagne… Au lieu dit « Les Ondes », existe un manoir  et en retrait, dans la forêt, un chemin qui mène à l’ancienne moulinate sur le ruisseau de Fon Goudal. Entre la route départementale 911 et le Lot, la rive accueille un pont qui laisse filer des eaux résurgentes à fleur de falaise, eaux qui grossissent les jours de fortes pluies et passant sous la route s’échappent sous le pont vers le Lot. Une main habile y a sculpté croix et ciboires.

Le pont non loin des Ondes…

Il ne reste plus, de la seigneurie des Ondes pour se repérer, que des cartes peintes, magnifique monde mignature et coloré représentant le domaine, le manoir entier, des jardins suspendus, des pigeonniers et, sur le ruisseau Fon Goudal qui se jette dans le Lot, un petit moulin avec la maison du meunier.

D’après le dossier d’inventaire topographique établi en 2003, par Monsieur Alain Beschi, Conservateur du Patrimoine en Aquitaine, il semble que « les éléments bâtis subsistant [de la bâtisse d’origine] ne paraissent pas antérieurs à la fin du 15ème au début du 16ème siècle (en particulier la baie du second étage sur l’élévation antérieure ornée de 2 accolades…) ». Le dossier est consultable en partie sur la base Mérimée.

En partant de certains éléments du résumé d’Alain Beschi je mène mon enquête…

A suivre…

(Familles « de Lolmie » – « De Becays » – « de Paloque » – « de Roussanes ») .


La lettre, suite…

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Une suite à la « lettre », le passage d’une histoire, qui s’est peut-être passée, ou qui aurait pu être… J’espère ne pas vous décevoir !

Belle demeure non loin du péristyle et du Gravier, à Agen

– Belle demeure non loin du péristyle et du Gravier, à Agen

« A Agen, ce jour de mars 1799

Ma très tendre amie… 

 Que de temps passé depuis notre dernière rencontre… Et tous ces événements qui ont bouleversés nos vies… C’est une prière que je te fais…

J’ai su par Limousin que tu étais restée au pays. Ma famille me manque terriblement. Si je risque cette missive, c’est que l’une des personnes qui m’hébergent, la plus fiable est décédée, et que j’ai très peur de ce qui peut m’arriver maintenant.

Je requière ta confiance et ton hospitalité, car j’ai décidé de fuir dès que possible. Peux-tu me faire savoir par Limousin si c’est possible !

Je te promets de te dire tout et le reste, dès que nous serons réunies.

Je t’en supplie, mon amie…Mon affectueux souvenir, et toute ma tendresse.

Ton amie, »

Au bas de la lettre, les deux initiales de mon amie… Je comprends mieux pourquoi après cette lettre mystérieuse.

A nouveau un bouquet d’émotions… Je me mords la main pour ne pas crier… Ce parfum, ces nouvelles… Que faire ? Je me souviens des événements qui ont eu lieu au village il y a quelques années… La violence entre les gens à Ladignac… Les idées font parfois bien des dégâts, plus que les actes, mais les deux y étaient alors… Des amis ont risqués leurs têtes pour si peu de chose, par ignorance… Et que dire de nos « seigneurs et maîtres », les habitants de nos châteaux alentours ? Les bons comme les mauvais, tous partis à l’étranger, ou emprisonnés, ou parti à l’échafaud…

Je ne peux laisser ma tendre amie, ma sœur de cœur dans cet embarras…
Pourvu qu’il ne soit pas trop tard…
A qui en parler en premier…
A qui faire confiance…

J’ai mal au cœur et la tête me tourne. J’aurai du déjà me douter de quelque chose en voyant la destination sur le papier. La ferme de la Combe n’existe pas ici… Jamais même entendu ce nom . Heureusement le facteur, ce devait être Limousin, et la vieille Jeanne me connait bien ! Une alliée précieuse en ces temps de colère… Tout comme Limousin !

Je retrouve Jeannot, à l’étable, dans la grange. Mon grand frère. Oui, mon grand frère, car en dépit de tout, ce sera toujours mon grand frère, ce garçon de cinq ans mon aîné avec qui je vis depuis seize ans… Il le restera malgré tout, malgré tous, le notaire, ma tante et son testament et ses aveux, mon autre mère…Un instant, je me fige… Jeannot me secoue par la manche…

–       « Que veux-tu ma Jeanne ? »

- Dans la grange, l'étable...

– Dans la grange, l’étable…


La lettre…

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L'église du village, non loin de l'auberge....

L’église du village, non loin de l’auberge….

Je reviens de l’auberge, relais de poste du village, où je suis allé porter, comme chaque lundi, les fromages de chèvre que nous produisons à la ferme.

La vieille Jeanne me remet un pli, reçu le matin même. Je reste coite ; La lettre, elle est pour moi !

Je suis revenue à la maison, à toute vitesse, la tête à l’envers, le cœur en émoi, la curiosité me dévorant…

La lettre est là dans mes mains… Une enveloppe blonde, dont le format est plus grand qu’à l’accoutumé. Le timbre, en haut, est octogonal et l’encre noire, bave. L’écriture élégante est violette, à la plume. Je lis à voix haute :

« Mademoiselle Jeanne Dellac,
La ferme de la Combe,
Route de Monségur
Coteau de Ladignac sur Lot».

Trois lignes. Au dos, un petit cachet de cire pale ferme le rabat.

Mon cœur s’emballe. C’est la première fois que je reçois une lettre. Une lettre pour moi, rien qu’à moi. Je saute et danse comme une enfant. Dans ma tête tout se bouscule… L’émotion fait rougir mes joues que je sens en feu.

Mais qui peut m’écrire. Tout à coup, prise de conscience. Qui m’écrit ? Et pourquoi ? Je tourne et retourne la lettre dans mes mains fébriles… Quelque chose de familier ? Au dos, deux initiales, magnifiques, aussi bien tracées que sur le devant…

Elle est parfumée… J’approche cérémonieusement de mon visage le papier parcheminé d’où s’échappe des senteurs de roses…

Amitiés de flore...

Amitiés de flore…

Ce parfum est comme une clef qui ouvre ma mémoire, je connais la main qui a écrit cette missive, ce billet qui ne peut être que magnifique… Et mes souvenirs de pensionnaires me reviennent…

Ma tendre amie, jamais oubliée, juste un peu en sommeil… Une complicité, tant d’affinité… Nos vies si peu semblables tout comme nos origines…

Alors, je ramasse mes jupes, remet mon chapeau de paille enrubanné, et cours m’asseoir sur le banc de bois gris au bord de l’étang. Avril, douceur du printemps… Je glisse mon index sous le volet, brise le cachet, déplie soigneusement le papier blond et commence ma lecture :

« A Agen, ce jour de mars 1799

Ma très tendre amie… »

Au bord de l'étang, avril dans l'air...

Au bord de l’étang, avril dans l’air…