Catégorie : Dans un village

Un samedi de printemps à Monpazier…

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Un doux moment de promenade dans ce village. Monpazier est une bastide du XIIIème siècle. Elle fait partie de l’association « Les Plus Beaux Villages de France ». Bien sur, mon regard n’accroche pas forcément ce que l’on voit dans les brochures de l’office de tourisme… En cliquant sur la photo, vous découvrirez mon album sur Flickr… Bonne balade !

ECHARPES MONPAZIER pour les murmures


Photos en album, une envie de partage…

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 Voilà… Il est né…Depuis le temps que je voulais partager !

Après une exposition dans notre bibliothèque, j’ai osé publié… quelques unes des photos exposées, triées, choisies…Des textes soutiennent certaines photos ou non, ou permettent un cheminement vers un ailleurs… Parfois au-delà de nos « frontières ».

presentation livre expo

présentation livre expo verso

presentation livre expo double page

 

A bientôt !


Se délecter des mots des automnes en vers…

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Brumes sur le Lot 2-reduitVoilà que je relis les vers d’Anna de Noailles qui viennent illustrer quelques-unes des photos de mes dernières balades…

Tout comme le printemps, j’attends cette saison avec délice, espérant ses couleurs magnifiques et chaudes, goûtant la tiédeur d’un soleil émergeant des brumes matinales, foulant avec les souvenirs de ma jeunesse, les feuilles mourantes qui sacrifient leur vie pour le renouveau de la terre…

Premieres couleurs d automne-reduitAvant d’ entrer en octobre, pour vivre, peut-être, un bel été indien… regardons encore septembre !

L’automne 

Voici venu le froid radieux de septembre :
Le vent voudrait entrer et jouer dans les chambres ;
Mais la maison a l’air sévère, ce matin,
Et le laisse dehors qui sanglote au jardin.

Comme toutes les voix de l’été se sont tues !
Pourquoi ne met-on pas de mantes aux statues ?
Tout est transi, tout tremble et tout a peur ; je crois
Que la bise grelotte et que l’eau même a froid.

Les feuilles des trembles meurent sur l eau...

Les feuilles des trembles meurent sur l eau…

Les feuilles dans le vent courent comme des folles ;
Elles voudraient aller où les oiseaux s’envolent,
Mais le vent les reprend et barre leur chemin
Elles iront mourir sur les étangs demain.

Le silence est léger et calme ; par minute
Le vent passe au travers comme un joueur de flûte,
Et puis tout redevient encor silencieux,
Et l’Amour qui jouait sous la bonté des cieux

S’en revient pour chauffer devant le feu qui flambe
Ses mains pleines de froid et ses frileuses jambes,
Et la vieille maison qu’il va transfigurer
Tressaille et s’attendrit de le sentir entrer.

Anna de Noailles, Le cœur innombrable

 


Suite à la lettre d’Annette…

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Le début, le tout début de ce récit se situe en 1784… La naissance de Jeanne…un début de vie… Mais chaque chose en son temps… Nous voilà quinze ans plus tard, en 1799, suite à une lettre bouleversante

–       Heu… Dis, Jeannot, tu te souviens de mon amie Annette ? Du château de Roquette, mon amie de pension ?

"- Alors, je ramasse mes jupes, remet mon chapeau de paille enrubanné"...

« – Alors, je ramasse mes jupes, remet mon chapeau de paille enrubanné »…

Jeannot rougit, fronce les sourcils.

–       Bé oui, que je m’en souviens. Si mignonette ! Je crois qu’elle est partie avec un oncle qui n’était pas d’ici. Même qu’on avait cru que la famille entière avait brûlé dans l’incendie du château… Boudiou, oui, que je m’en souviens ! Pourquoi tu me demandes ?

Et le voilà qui se tait… Un retour sur un passé récent et lointain à la fois…

Je regarde mon frère perdu dans ses pensées. Assurée de sa petite faiblesse qu’il avait pour Annette, je sens que le moment est propice aux confidences. Je lui demande s’il a eu des nouvelles récemment d’elle ou d’autres personnes absentes du village depuis les événements…

Sans un mot, il fait non de la tête…

–       Jeannot, je viens d’en avoir, lui-dis-je toute joyeuse….

A ces yeux tous ronds, pleins d’interrogation, je hoche la tête et lui tend la lettre d’Annette…

J’attends sa réaction, retenant mon souffle, à la fois inquiète et toute excitée…

Jeannot me regarde, regarde à nouveau la lettre… Son trouble est palpable… J’ai l’impression d’entendre les battements de son cœur… Il me sourit !

–       Ah, comme je suis contente, et je lui saute au cou… Dis, on va faire quelques chose pour elle, hein Jeannot ?

–       Du calme, du calme… Oui bien sûr qu’on va l’aider.

- La grange...

– La grange…

Nous voilà à comploter des projets plus fous les uns que les autres, échafaudant des plans simples ou compliqués. On rit, on pleure. On se dirige vers la maison, plus agités que jamais.

Et les parents… On le dit aux parents ?

Jeannot qui s’occupe de la ferme avec son père affaibli par un mal de poitrine récidivant, a une idée assez simple finalement.

–       Les parents ont besoin d’aide à la ferme. La « Bérue » n’arrive plus à rien. Maman la garde par amitié, elle n’a même plus de famille… Mais elle est trop vieille pour l’aider, bonne à trier les lentilles seulement… Une jeunette pour l’aider serait la bienvenue ! Qu’en penses-tu Jeanne ?

Et me voilà encore pendue à son cou, reconnaissante.

–       Ne reste plus qu’à organiser sa venue sans attirer l’attention des « autorités », dit Jeannot, sur le ton de la confidence.

Jeannot se charge de convaincre les parents. Il est à nouveau calme et serein, sur de lui. J’aime sa force tranquille.Il m’a toujours rassuré, protégé…

Je me vois attribuer le rôle de la messagère, avec pour mission, dés que Jeannot me le dira, de répondre au billet, de le confier à Limousin dès qu’il sera prêt pour sa tournée. Il ne rajeunit pas l’homme mais est toujours vaillant et sur !

Je retourne à la grange. Les volailles ne comprennent pas mon retard et attendent le grain que je leur distribue matin et soir. Le jour est bien avancé et le soleil s’enfonce déjà derrière la colline. Ma vie tout entière est en train de basculer.

Dans l’air frais encore, mes joues sont brûlantes ; excitation et inquiétude continue d’envahir ma vie. Au loin, des chiens se répondent, aboyant des menaces aux intrus éventuels. Je vais en avoir des choses à raconter à Annette…


La lettre, suite…

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Une suite à la « lettre », le passage d’une histoire, qui s’est peut-être passée, ou qui aurait pu être… J’espère ne pas vous décevoir !

Belle demeure non loin du péristyle et du Gravier, à Agen

– Belle demeure non loin du péristyle et du Gravier, à Agen

« A Agen, ce jour de mars 1799

Ma très tendre amie… 

 Que de temps passé depuis notre dernière rencontre… Et tous ces événements qui ont bouleversés nos vies… C’est une prière que je te fais…

J’ai su par Limousin que tu étais restée au pays. Ma famille me manque terriblement. Si je risque cette missive, c’est que l’une des personnes qui m’hébergent, la plus fiable est décédée, et que j’ai très peur de ce qui peut m’arriver maintenant.

Je requière ta confiance et ton hospitalité, car j’ai décidé de fuir dès que possible. Peux-tu me faire savoir par Limousin si c’est possible !

Je te promets de te dire tout et le reste, dès que nous serons réunies.

Je t’en supplie, mon amie…Mon affectueux souvenir, et toute ma tendresse.

Ton amie, »

Au bas de la lettre, les deux initiales de mon amie… Je comprends mieux pourquoi après cette lettre mystérieuse.

A nouveau un bouquet d’émotions… Je me mords la main pour ne pas crier… Ce parfum, ces nouvelles… Que faire ? Je me souviens des événements qui ont eu lieu au village il y a quelques années… La violence entre les gens à Ladignac… Les idées font parfois bien des dégâts, plus que les actes, mais les deux y étaient alors… Des amis ont risqués leurs têtes pour si peu de chose, par ignorance… Et que dire de nos « seigneurs et maîtres », les habitants de nos châteaux alentours ? Les bons comme les mauvais, tous partis à l’étranger, ou emprisonnés, ou parti à l’échafaud…

Je ne peux laisser ma tendre amie, ma sœur de cœur dans cet embarras…
Pourvu qu’il ne soit pas trop tard…
A qui en parler en premier…
A qui faire confiance…

J’ai mal au cœur et la tête me tourne. J’aurai du déjà me douter de quelque chose en voyant la destination sur le papier. La ferme de la Combe n’existe pas ici… Jamais même entendu ce nom . Heureusement le facteur, ce devait être Limousin, et la vieille Jeanne me connait bien ! Une alliée précieuse en ces temps de colère… Tout comme Limousin !

Je retrouve Jeannot, à l’étable, dans la grange. Mon grand frère. Oui, mon grand frère, car en dépit de tout, ce sera toujours mon grand frère, ce garçon de cinq ans mon aîné avec qui je vis depuis seize ans… Il le restera malgré tout, malgré tous, le notaire, ma tante et son testament et ses aveux, mon autre mère…Un instant, je me fige… Jeannot me secoue par la manche…

–       « Que veux-tu ma Jeanne ? »

- Dans la grange, l'étable...

– Dans la grange, l’étable…


La lettre…

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L'église du village, non loin de l'auberge....

L’église du village, non loin de l’auberge….

Je reviens de l’auberge, relais de poste du village, où je suis allé porter, comme chaque lundi, les fromages de chèvre que nous produisons à la ferme.

La vieille Jeanne me remet un pli, reçu le matin même. Je reste coite ; La lettre, elle est pour moi !

Je suis revenue à la maison, à toute vitesse, la tête à l’envers, le cœur en émoi, la curiosité me dévorant…

La lettre est là dans mes mains… Une enveloppe blonde, dont le format est plus grand qu’à l’accoutumé. Le timbre, en haut, est octogonal et l’encre noire, bave. L’écriture élégante est violette, à la plume. Je lis à voix haute :

« Mademoiselle Jeanne Dellac,
La ferme de la Combe,
Route de Monségur
Coteau de Ladignac sur Lot».

Trois lignes. Au dos, un petit cachet de cire pale ferme le rabat.

Mon cœur s’emballe. C’est la première fois que je reçois une lettre. Une lettre pour moi, rien qu’à moi. Je saute et danse comme une enfant. Dans ma tête tout se bouscule… L’émotion fait rougir mes joues que je sens en feu.

Mais qui peut m’écrire. Tout à coup, prise de conscience. Qui m’écrit ? Et pourquoi ? Je tourne et retourne la lettre dans mes mains fébriles… Quelque chose de familier ? Au dos, deux initiales, magnifiques, aussi bien tracées que sur le devant…

Elle est parfumée… J’approche cérémonieusement de mon visage le papier parcheminé d’où s’échappe des senteurs de roses…

Amitiés de flore...

Amitiés de flore…

Ce parfum est comme une clef qui ouvre ma mémoire, je connais la main qui a écrit cette missive, ce billet qui ne peut être que magnifique… Et mes souvenirs de pensionnaires me reviennent…

Ma tendre amie, jamais oubliée, juste un peu en sommeil… Une complicité, tant d’affinité… Nos vies si peu semblables tout comme nos origines…

Alors, je ramasse mes jupes, remet mon chapeau de paille enrubanné, et cours m’asseoir sur le banc de bois gris au bord de l’étang. Avril, douceur du printemps… Je glisse mon index sous le volet, brise le cachet, déplie soigneusement le papier blond et commence ma lecture :

« A Agen, ce jour de mars 1799

Ma très tendre amie… »

Au bord de l'étang, avril dans l'air...

Au bord de l’étang, avril dans l’air…


Les vieilles maisons, pensais-je…

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La souillarde - Journées du patrimoine 2012

La souillarde – Journées du patrimoine 2012

« Les vieilles maisons, pensais-je, n’appartiennent pas aux gens, en fait, ce sont les gens qui leur appartiennent. »

Gladys Taber (1899-1980)
Archéologue et écrivain américain.

J’aime bien cette idée d’appartenance à une maison… Une façon rassurante pour pouvoir s’ancrer dans un terroir. Je crois que cette maison m’a adopter depuis peu…

Je laisse vagabonder mes yeux sur ses murs tordus, admirative des maçons qui l’on faite ainsi tenir, durant des décennies et qui, si elle le veut, tiendront encore longtemps. Et pour la guérir des ses maux, je me risque à la « déshabiller ».

Le pas de porte de pierres usées

Le pas de porte de pierres usées

Et, j’ose ôter son carrelage usé et moderne ; elle me livre son sol ancien… Des carreaux de terres cuites. Avec eux, elle fait renaître les bruits, ceux du fond de ses temps, le claquement d’un sabot, puis, un frottement sur la surface rugueuse d’un pas, un peu traînant, usant jour après jour, la terre rose… Enfin, les yeux mi-clos, je perçois le parfum des foins, ceux d’une jonchée foulée par les pieds jeunes et nus des enfants du passé.

La maison me livre doucement ses souvenirs.

 

(Site de l’Ermitage de Boyer à Trentels – Ouvert à la visite lors des journées du patrimoine 2012).


Sur mon réseau Orange… Panne !

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Animation dans l'une des bibliothèques du réseau de Lot-et-Garonne

Animation dans l’une des bibliothèques du réseau de Lot-et-Garonne

C’est de la petite bibliothèque de mon village que je vous écris ces quelques mots…

Bien à l’abri dans ces murs municipaux, elle accueille petits et grands…

On y vient bavarder avec les copines de permanence, on y fait des projets pour les futurs achats, les échanges à la Bibliothèque départementale, on y créé les expositions pour les journées du patrimoine… Bref, on y vit !

C’est aussi le lieu semi-public, où Internet ouvre ses portes. Alors, j’entre-baille le portail et me glisse dans mon univers pour vous prier de me pardonner de ne pas vous répondre…

Peut-être mardi… Rétablissement de la ligne ???

En attendant, bon week-end et à bientôt…