Catégorie : Chez moi

Sa chambre à elle…

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« Le calme. Le gris[1] ». La chambre, immense. Des murs unis, anciens. Ici, le rectiligne est bannit. Quatre murs, deux fenêtres, une porte, close, la porte. Là, un grand lit de bois peint en gris sombre, tranchant. Placé là, de telle sorte qu’une fois les lourds volets de bois bleu lavande ouverts, elle puisse embrasser d’un coup tout le jardin.

Pour le plaisir des yeux à son réveil, elle a disposé à gauche de la fenêtre, quelques-uns de ses bonheurs préférés… Rien qui ne puisse blessé le regard… Guéridon précieux d’un peu d’intimité. Des rondeurs dans cet empilement de galets ambrés, plats et polis. Quatre. Le plus grand dessous est très clair, se détachant parfaitement sur la nappe juponnée fuchsia.

La lampe les rosesUn jeune enfant de porcelaine émaillée blanche, assis sur un banc esquisse un geste vers elle quand elle le regarde. Une bougie, ronde, rose pâle dans le photophore sur lequel s’appuie l’enfant, dresse sa mèche dans l’attente de la flamme réconfortante.

Ses yeux glissent encore doucement dans ce rite journalier vers le pot blanc au brillant irrégulier âgé, à l’anse généreuse, accueillant chaque semaine une douzaine de roses fraiches, boutons à peine éclos. Le parfum discret, subtil n’entête pas. La fraicheur des roses est aussi dans les tons doux de leurs robes. Le blanc crème domine. Parfois et différemment pour chacun d’elles, un ourlet irrégulier d’un rose soutenu, dans la tonalité de la nappe, rehausse leur pâleur… Encore. Une nuance délicate vert pâle donne aux pétales cette transparence particulière de la porcelaine fine de chine.

ENFANT DANS LE CADREEnfin, elle caresse des yeux le portrait, dans un cadre vieilli, de bois, écorché par la vie…


[1] Robert Pinguet – Passacaille


Pause poétique et pause tout simplement

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 Quelques moments de pause… pour mieux s’enrichir d’images et d’écriture… Et avant de vous quitter, en partage, l’un de mes automnes préférés….

automne

L’Automne

Salut ! bois couronnés d’un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards !

Je suis d’un pas rêveur le sentier solitaire,
J’aime à revoir encor, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l’obscurité des bois !

Oui, dans ces jours d’automne où la nature expire,
A ses regards voilés, je trouve plus d’attraits,
C’est l’adieu d’un ami, c’est le dernier sourire
Des lèvres que la mort va fermer pour jamais !

2014-11-12 16.43.35

Ainsi, prêt à quitter l’horizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours l’espoir évanoui,
Je me retourne encore, et d’un regard d’envie
Je contemple ses biens dont je n’ai pas joui !

Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,
Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ;
L’air est si parfumé ! la lumière est si pure !
Aux regards d’un mourant le soleil est si beau !

Je voudrais maintenant vider jusqu’à la lie
Ce calice mêlé de nectar et de fiel !
Au fond de cette coupe où je buvais la vie,
Peut-être restait-il une goutte de miel ?

Peut-être l’avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l’espoir est perdu ?
Peut-être dans la foule, une âme que j’ignore
Aurait compris mon âme, et m’aurait répondu ? …

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ;
A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ;
Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu’elle expire,
S’exhale comme un son triste et mélodieux.

Alphonse de Lamartine, Méditations poétiques

automne 2


Pour partager ton souvenir…

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Juste pour partager ton souvenir, juste pour m’associer à la peine de ceux à qui tu manques, juste pour te dire mon amour de grand-mère, je te redis ces vers ma chère petite fille….

IMG_1082A ma petite fille Orianne,

J’ai pour toi, dans mon cœur, des millions de baisers
Qui s’échappent chaque fois que je te dis « je t’aime ».
Dans ton cou, sur ta joue, je pose mes lèvres usées
Guettant les sourires que sur ton visage je sème…

Je murmure des mots, au creux de ton oreille,
Des comptines, des ballades, de gentilles chansonnettes…
Elles te plaisent, bien que tu sois dans un demi-sommeil
Et tes yeux grands ouverts me disent que c’est la fête !

Te voilà repartie dans ce monde bien étrange
Où le corps n’est pas là, où l’âme vagabonde
Ce pays si joli, habité par les anges
Tu oublies pour un temps tous tes maux dans ce monde…

Courage, ma Petitoune, il te reste une épreuve,
Une porte à franchir pour joindre ce pays
Tu seras vite auprès des anges, en terre neuve
Et plus jamais tu ne souffriras en ce monde ci.

IMG_1089J’ai pour toi, dans mon cœur, des millions de baisers
Qui s’échappent chaque fois que je te dis « je t’aime ».
Dans ton cou, sur ta joue, je pose mes lèvres usées
Guettant les sourires que sur ton visage je sème…

… J’avais écrit ces vers en février dernier
Et pour un cours séjour j’étais allé te voir
Dans ton cou j’avais glissé quelques petits baisers
Si contente d’être là et encore te revoir…

Ce trente juin, décidée, tu as pris ton envol.
Tu as franchis la porte et dans ce bel espace
Où sans souffrir tu feras enfin, mille cabrioles
Tu t’en es allé… Et voilà, le temps passe…

J’ai toujours, pour toi, ces millions de baisers
Qui s’échappaient quand je disais, « je t’aime ».
Mais dans ton cou, plus jamais, de mes lèvres usées
Je ne les poserai. Restera un sourire sur ton visage blême…

 

 


La bonne nouvelle, ou la joie de l’apprendre

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L'horizon...

 

Il est des jours comme çà, de grands moments de vie
Vous entendez tous bas dans le creux de l’oreille
« Ne t’endors ma mie, tu verras ce jourd’hui,
Le soleil, la joie et de belles nouvelles ! »

Je lui donne confiance, acceptant son audace
Savoir avant les savants qu’il va bien !
Mais je supplie le ciel d’être là pour faire face
Aux nouvelles dont on ne sait jamais la fin.

Le ciel ou autre chose, a ouï cette requête
IMG_6244Et a broyé mes doutes, donnant à lui raison
Et la belle nouvelle virtuelle, n’étant plus secrète
Est arrivée tranquille sur mon doux horizon.

Pour peu que l’on en ait grande envie…
On le crie haut et fort, ce bonheur !
Oui, la vie est belle, oui, belle est la vie
Qui nous donne parfois un peu de sa douceur !

Un bel été mes aminautes…
Et comme dit Domi
Je vais bien, tout va bien !


Aube d’été

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Aujourd’hui temps maussade…
Lecture d’œuvres poétiques pour calmer la nostalgie de soleil. Et je reste bouche bée à la lecture de cette « Aube d’été » qui ressemble à certains de mes réveils dans ma vieille maison, étés lointains, le temps passe si vite … Des matins d’été qu’il me tarde de retrouver bientôt !
Soleil, fait un effort ! Reviens !

Aube d’été

- La fenêtre est grande ouverte Avec le store baissé...

– La fenêtre est grande ouverte
Avec le store baissé…

Je n’ai pas ouvert les yeux,
Et je sens que le jour point.
Mon corps reste dans le lit,
Mais mon âme est déjà loin. 

Elle goûte parmi l’aube
Un bonheur aérien,
Et revient de temps en temps
Me rappeler que j’existe.

La fenêtre est grande ouverte
Avec le store baissé.
Je suis baigné du même air
Que les feuilles et les nids.

J’ai ouvert aussi la porte :
J’aperçois dans le couloir
Ce premier rai de soleil
Qu’aucun pas ne trouble encore.

On dirait que les oiseaux
Chantent tous dans le même arbre,
Et j’entends le bruit d’épingles
De leurs pattes sur les toits. 

On arrose la chaussée ;
Mes draps semblent plus frais.
Je sens l’odeur du savon
Qui est près de la cuvette. 

- Le fleuve s'est rajeuni D'une eau qui a traversé Les campagnes et...

– Le fleuve s’est rajeuni
D’une eau qui a traversé
Les campagnes et…

On n’a pas encore marché
Sur le sable des jardins,
Et toutes les rues sans hommes
Sont pareilles à des routes.

 Le fleuve s’est rajeuni
D’une eau qui a traversé
Les campagnes et la nuit.
Remorqueur tu peux chanter. 

Le canal n’a plus de rides :
Marinier, tu peux partir.
L’aube est pleine de voyages
Qui ne devraient pas finir !

Georges Chennevière
Tiré de Oeuvres poétiques. Préface de Jules Romains
En savoir plus : 
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La vie c’est…

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Timide myosotis… le mouvement.
Quand tu arrêtes trop longtemps de bouger,
Tu meurs. 
Monique Proulx (Écrivain et scénariste belge, née en 1952)

 Un brouillon inachevé… datant du 4 janvier…
La lettre M peut-être, pour Mouvement ?… Pour le dico des citations de Domi…
A moins que ce soit la lettre V… comme vie !
Ou le B de Bouger…

Qu’importe… J’ai gardé cette phrase trop longtemps dans mes brouillons et avec le printemps, elle prend bien sa place… Non ?

Une étape...

– Une étape… incontournable pendant un festival !

Des voyages se profilent… Revoir des ami(e)s d’enfance, refaire des chemins à l’envers, redessiner des paysages lointains pour les yeux défaillants d’une maman, avec dans le cœur du bonheur, une folle envie de vivre… Des sentiments émanent d’un printemps tant attendu, surement !
Je vous l’avais dit… La vie… C’est le mouvement !

Chez MAT Atelier DU TI-FOURN à LANDUNVEZ, une halte s'impose

Chez MAT Atelier DU TI-FOURN à LANDUNVEZ, une halte s’impose

Alors, et vous, vous bougez ?

Beau week-end !

 

 


Un jour tu as grandi, un jour tu es parti…

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LES TULIPES POUR LUI

Un jour tu as grandi, un jour tu es parti
C’est ce que font les enfants quand ils deviennent grands…

Alors pourquoi j’ai mal ?

Trois fois…
Don des jours, offrande d’un enfant…
Et de ces jours…
Que reste-t-il ?
Et des enfants…

Des vies éparpillées,
Des vies ratatinées,
Des moments de guerre et de comment faire la paix ?

Des petits enfants plein de vie,
D’autres qui ne sont plus
Et ceux qui cultivent le mot « oubli ».

L'équilibreReste alors les amis, portant tendre affection
Écoutant patiemment les peine et les chagrins
Donnant aux maux, une autre vie,
Pour qu’ils deviennent mots
De tendresse, d’amour, d’affection, de soutien,
Apportant, de cet espace où ils sont prisonniers
Des moments de grand éclat de rire…
Ou de sages conseils.

Un jour tu as grandi, un jour tu es parti
C’est ce que font les enfants quand ils deviennent grands…


Café-lecture… Mon attachement aux deux mots… sourires !

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Voilà enfin l’aboutissement de quelque travail, pas trop « mal mené »…

Une petite bibliothèque (celle de mon village où je suis bénévole) durant une petite heure, participe à l’événement majeur de l’année concernant notre belle langue, le français.
La semaine de la langue française et de la francophonie, comme chaque année, nous permet de nous exprimer, de différentes façons, pour faire vivre les 10 mots !

Cette année, Dis-moi dix mots… à la folie ! Mais cela vous le saviez déjà, puisque j’ai publié un texte ici et qui sera lu demain !

Alors je ne résiste pas au plaisir de partager un café avec vous, à cette occasion, demain après-midi…

AFFICHE DIS-MOI DIX MOTS TRENTELS 2014

 

Belle fin de semaine !


Les merveilles du ciel…

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la perle de pluie

 

(Un clic sur la photo vous emmène dans ma galerie romantique)

Absence quelque peu prolongée dans ma tanière…
Mais hier matin, sous le porche, j’ai assisté à ce magnifique lever de soleil
J’ai emprunté à Racine pour vous en parler…

Belle journée et pardon si ma plume est un peu fatiguée ces temps-ci..

(Pensez à couper le son de la radio Deezer, si vous en bénéficiez, plus bas, colonne de droite)

[youtube]http://youtu.be/yEaNrIlayQE[/youtube]

 


Absences… Pour la Saint-Valentin !

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Wedding BouquetUne pensée particulière pour ceux, qui pensent à leur Valentin(e) qui n’est plus, ceux qui attendent la rencontre,ceux qui se savent oubliés, ceux qui sont seuls, tout simplement aujourd’hui et enfin, pour ceux qui aiment en silence…

coeur et ange fond noirAbsences
Tout proche de l’interlocuteur
et pourtant loin, l’esprit ailleurs,
comme en un voyage m’évadant,
je suis là, présent et absent,
hochant la tête de temps en temps.

Tout proche de l’interlocuteur
et pourtant loin, l’esprit ailleurs,
combien de fois ai-je trahi
quand je semblais, yeux et ouïe,
attentif à mon vis-à-vis ?

Esther Granek, Ballades et réflexions à ma façon, 1978

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