Catégorie : Chez moi

Du temps et des mots !

Share Button

Forêt de mots de lettres

Forêt de maux et d’être.

Des modèles et puis…

Des mots d’elle, enfin !

Revenir à mon crayon noir

Saisir la page blanche

Ecrin pour ne rien dire

Ou plutôt…

Ne rien dire et tout écrire

Le délice d’un rêve en couleur

L’épouvante du noir cauchemar

L’inventaire de mon placard

La liste des courses

Qui restera inachevée…

Et au soir, à la brunante

Ou à l’aube naissante

Ecrire les vers désordonnés

Qui grouillent dans ma tête

En vers bien ordonnés, bien rangés

Sur le carré de papier.

Fracas d’ailes, brusque.

La chute, si douce, douce…

Assommé.

Le minuscule volatile

A fermé ses yeux.


Sa chambre à elle…

Share Button

Jeu d’incipit… qui appelle les souvenirs, une douce mélancolie, une tristesse de l’âme que l’on écrit pour ne pas avoir à la dire… enfin ne pas avoir à la partager intimement mais à donner à lui, à l’autre l’occasion d’apprécier ce qu’il a encore…

Sa chambre à elle…

« Le calme. Le gris[1] ». La chambre, immense. Des murs unis, anciens. Ici, le rectiligne est bannit. Quatre murs, deux fenêtres, une porte. Close, la porte.

Là, un grand lit de bois peint gris sombre, tranchant. Placé de telle sorte qu’une fois les lourds volets de bois bleu lavande ouverts, elle puisse embrasser d’un coup, tout le jardin.

Pour le plaisir des yeux à son réveil, elle a disposé à gauche de la fenêtre, quelques-uns de ses bonheurs préférés… Rien qui ne puisse blesser le regard… Guéridon précieux d’un peu d’intimité. Des rondeurs dans cet empilement de galets ambrés, plats et polis. Quatre. Le plus grand dessous est très clair, se détachant parfaitement sur la nappe juponnée fuchsia.

Jérôme, photo de mannequinat… Le revoir, même en photo, et dire de lui… pour qu’il vive encore…

Un jeune enfant de porcelaine blanche, assis sur un banc esquisse un geste vers elle quand elle le regarde. Une bougie, ronde, rose pâle dans le photophore sur lequel s’appuie l’enfant, dresse sa mèche dans l’attente de la flamme parfumée et réconfortante.

Ses yeux glissent encore doucement dans ce rite matinal, journalier, vers le pot à eau blanc, au brillant irrégulier, âgé, à l’anse généreuse, accueillant chaque semaine une douzaine de roses fraiches, boutons à peine éclos. Le parfum discret, subtil n’entête pas. La fraicheur des roses est aussi dans les tons doux de leurs robes. Le blanc crème domine. Parfois et différemment pour chacun d’elles, un ourlet irrégulier d’un rose soutenu, dans la tonalité de la nappe, rehausse leur pâleur encore. Une nuance délicate vert pâle donne aux pétales cette transparence particulière de la porcelaine fine de chine.

Enfin, elle caresse des yeux le portrait, adolescent éternel, dans le cadre vieilli de bois blanc, écorché par la vie…

Ecrit en Février 2014

[1] Robert Pinguet – Passacaille « Le calme. Le gris »


Un drôle d’oiseau…

Share Button
La buse variable...

La buse variable…

Une vision, fugace.

Il est là sur la margelle du puits, le grand oiseau brun.

Il guette le souriceau imprudent, l’oiseau blessé, le lapin égaré…

Aurais-je le temps… d’aller chercher l’appareil photo… sur le buffet ?

A reculons, tout doucement, je passe la porte et…

Je cours attraper mon Canon… et je reviens.

pffff….

Mon cœur tape fort, d’émotion, d’excitation…

Et… Il est toujours là.

Pas le temps de me poser des questions, clic, clic.

Il tourne la tête, et … s’envole. M’a-t-il vu ?

Ces images de l’envol me laisse émerveillée.


Le chat sur la terrasse…

Share Button

follette-en-terrasseAmie fidèle… Follette sur la terrasse goûte les derniers rayons de l’été indien…

 

LE CHAT ET LE SOLEILfollette-en-terrasse-2

Le chat ouvrit les yeux,
Le soleil y entra.
Le chat ferma les yeux,
Le soleil y resta,

Voilà pourquoi, le soir,
Quand le chat se réveille,
J’aperçois dans le noir
Deux morceaux de soleil.

Maurice CARÊME

 


C’était arrivé…

Share Button
Inconsistance... Revenir à la vie...

Inconsistance… Revenir à la vie…

C’était arrivé. J’y étais. Mais où n’était même pas une question. J’y  étais.

No man’s land !

Impossible. C’était quoi ? Impossible de me tromper. Solitude totale et aveugle. Ou presque… Des ombres ? Des vapeurs d’ombres. Des vapeurs… Vaguement… L’infiniment petit ou l’infiniment grand ? Le gigantesque ? Les deux…

Me retrouver ? Tendre un bras… Inconsistance. Que le souvenir de ce que j’ai pu être. Ou bien quoi ? Rien. Il ne me reste rien. Je ne suis plus. Rien !

Mais il me reste la vue… Pour ne rien voir. Ce qui m’entoure n’est pas noir, du noir intérieur derrière les paupières… Il n’y a rien. Où suis-je ?

Mais il me reste l’odorat… Pour sentir, ressentir et par le nez, respirer ! Non… Ni l’air marin du port de Lendunvez et de ses algues découvertes par les flots tumultueux, ni celui de la ville où bitumes, déchets et poussière de parc mouillé par la pluie des forêts landaises n’arrivent jusqu’à mon nez… Un souvenir médicamenteux, effluves imperceptibles de résine des pins maritimes bordant à l’infini les allées de sable fin, relents légers de térébenthine forts, pénétrants, flirtent avec mes narines… A peine… Non. Que des souvenirs. Je ne respire rien.

Plus De vie ? Je suis morte ? Que du rien ? Du néant pour moi seule.

C’était quand ces vapeurs ? Et c’était quoi ? Mémoire primaire des besoins physiologiques.

Si je pense, je suis, non ? Si je suis, alors je suis comment et où ? Je suis un souvenir qui erre dans un no man’s land. Entre deux mondes, deux instants deux quelque chose. Deux « Moi », celui d’avant mal vivant, Celui d’après, inconscient.

L’ouïe. J’entends. Les « blop-blop » de bulles qui éclatent…

J’y suis arrivée. Je m’éveille à ma nouvelle vie d’autres souvenirs… Après les limbes, arrivée dans la vie de mon nouveau cœur…

 

 


Parmi les photos trouvées à la brocante…

Share Button
l-homme-assis-dans-le-jardin

Au dos de la photo : « Léon Prat, 22 ans, Août 1898 à La Rochelle dans le jardin de Mr Thierry »…

L’homme assis dans le jardin…

Premier regard… De la nonchalance. Non ! Plutôt une apparente tranquillité qui attire.

La quiétude d’une douce après-midi, en été peut-être…

Costume clair pour la saison. Et ce chapeau tombant sur le visage…

Fauteuil pliant en bois,  avec une toile de coton dont j’aperçois quelques rayures, façon « transatlantique ». De quoi rêver… J’adore ces photos anciennes et cette apparente douceur de vivre…

L’attitude du lecteur, juste pour la photo ? Je ne le saurai jamais, et pourtant, la prise de vue, a dû nécessiter un temps de préparation…

Le cliché est ancien. J’aimerai en savoir plus. Une indication au dos peut-être… Oui. Ecriture penchée et soignée apprise sur les bancs de l’école de jadis… Et bien qu’écrite au crayon mine, les lettres penchées sont encore bien lisibles «  Léon Prat, 22 ans, Août 1898 à La Rochelle dans le jardin de Mr Thierry »…

les-appareils-photos

sources : internet

Léon est immortalisé dans sa lecture. Il ne semble pas feuilleter un journal… Pourtant la presse du 30 août 1898 … Impossible d’ignorer que ce jour-là, le Colonel Henry se reconnait comme l’auteur du faux à l’origine de la condamnation de Louis Dreyfus. Ni d’ignorer l’actualité du lendemain, où le colonel Henry se suicide…Non. Je l’imagine plutôt plonger dans un roman d’aventure de Jules Verne, ou d’Arthur Conan Doyle… Vu l’épaisseur du document ce pourrait aussi être une revue scientifique ou un almanach… Dans la revue il aurait pu y lire la découverte par Gustav Witt, le 16 août 1898 de « 433 Eros »… Un astéroïde « géocroiseur » qui orbite près de la Terre… Il aurait appris que c’était le premier objet de ce type…

Mais finalement il ne fait peut-être que poser pour l’un de ses amis, ou  son frère ou un oncle !

Il se fait sujet pour une chambre photographique,  ancêtre de nos appareils photos !


Lumière du petit jour…

Share Button
L'automne,lumière du petit matin dans le jardin, par la fenêtre ouverte...

L’automne,lumière du petit matin dans le jardin, par la fenêtre ouverte…

Douceur de l’automne, douceur du soleil qui se lève en ce matin d’octobre…

Ouvrir les volets bleus pour que le soleil entre se lover sur le lit… Une grande inspiration de l’air une peu humide où flotte des senteurs de sous-bois, d’herbe humide, des dernières roses fanées…
Refermer la fenêtre. Écraser mon nez sur la vitre. Fermer les yeux et les ouvrir brusquement pour capturer le flou de la lumière qui se perd sur les herbes folles du jardin. Les rayons tombent, obliques comme sur les dessins d’enfants.

 

Les rayons tombent, obliques comme sur les dessins d'enfants...

Les rayons tombent, obliques comme sur les dessins d’enfants…

 

Me recoucher. C’est dimanche peut-être…  Ouvrir Dezeer où je retrouve le jazz doucereux d’une « playlist » choisie « Relaxing Jazz & Coffee ». Alors, flâner, rêver, refaire le monde seule ou à deux… Songer au dernier rêve, vouloir connaître la suite et me blottir contre lui. Contre toi…

 

 

 

Non ?

Avec l’écriture, on peut tout se permettre, et du rêve à la réalité, il n’y a qu’un tout petit pas… Juste le franchir et vivre un instant magique.

Bel automne !

Il n’y a qu’un tout petit pas. Juste le franchir et vivre un instant magique.

Il n’y a qu’un tout petit pas. Juste le franchir et vivre un instant magique.

 


L’écrivain solitaire… avec le « Dis-moi dix mots » de la semaine de…

Share Button

L’écrivain solitaire… avec le « Dis-moi dix mots » de la semaine de la Francophonie.

slff16-logo_couleur_1  

Depuis plusieurs années, je me prête au jeu du « Dis-moi dix mots ».
Cette année encore, lecture publique de nos textes à la bibliothèque municipale du village,
samedi 19 mars après-midi lors d’un café lecture.
Voici ma contribution…

L'ecrivain solitaire

Pour en savoir plus, voir ci-dessous et  ici  

Goûtez au plaisir des mots en participant à  « Dis-moi dix mots »

Cette opération de sensibilisation à la langue française invite chacun à jouer et à s’exprimer sous une forme littéraire ou artistique de septembre à juin.

Chaque année, une thématique destinée à transmettre un message sur la langue française (la langue comme lien social, la capacité de la langue à exprimer l’intime, à accueillir les inventions verbales…) et 10 mots l’illustrant sont choisis par les différents partenaires francophones : la France, la Belgique, le Québec, la Suisse et l’Organisation internationale de la Francophonie (qui représente 80 États et gouvernements).

Dès le mois de septembre, partez à la découverte des dix mots et donnez libre cours à votre créativité : dix mots à écrire, slamer, chanter, filmer… !

A bientôt !

 


Voulez-vous un café ?

Share Button

Café
cafe 1« Café ? Oui je veux bien. Ou alors non, j’en ai déjà pris trois ce matin, merci. Mais c’est un mot de passe. On appartient à la même civilisation. Le pouvoir du café, c’est également cette presque indifférence surjouée avec laquelle on va le consommé, en parlant déjà, pris par le sujet. Non, pas de sucre. Presque plus jamais de sucre. C’est dans le code aussi. Maigret touillait lentement avec une cuillère, au moins deux sucre, sur le zinc. Ça faisait partie de l’enquête. » Vous me direz, ce texte, chacun d’entre nous, aurait pu écrire sur le sujet… Plus ou moins la même chose. Les uns à côté des autres, chaque mot simple sur le café, paroles dites, banales, en rencontrant un ami, une connaissance, en arrivant au bureau, en apprenant une bonne ou une mauvaise nouvelle, pour réconforter, pour draguer, pour rompre…

cafe 4La référence à Maigret m’a surprise, m’a ravie… Bon, c’est vrai que Maigret ne boit pas que du café. Mais rien que ce mot « café »… J’aime… C’est aussi le lieu des rendez-vous, des retrouvailles, des projets, des complots… Nuit et jour, sur le zinc, café, café, p’tit blanc, bière, café, alignés. Les uns parlent à ceux qui écoutent, des derniers potins, du temps qu’il fait, ou qu’il a fait ou qu’il fera… Et parfois, ceux qui écoutent donnent des nouvelles du p’tit dernier, de sa femme, de ses vieux… Mieux que certains salons guindés et froids où l’on prend l’apéro, au café on y trouve une famille, non ?

cafe 3Bonjour Philippe Delerm. C’est vous qui avez écrit ces mots !

Lecteurs, je vous livre la fin du texte que je bois – comme mon café – à petites gorgées sucrées, chaudes mais pas brûlantes, avec l’envie de fermer les yeux pour retrouver les bruits des cafés parisiens fréquentés dans une autre vie…

«A présent, le serré, l’amertume, et juste ce petit moment d’arrêt de la tasse blanche au bord des lèvres. Cette façon de ne rien prendre en prenant quelque chose, c’est une politesse que l’on se doit. En deçà de la convivialité. On n’est pas ensemble mais on est avec. Avec le monde, avec le jour, et quand même un peu avec l’autre.
Ca-fé. Les deux syllabes sonnent clair et sec, passent au-dessus de la rumeur, même dans les bistros les plus bruyants. Dans les cafés. On boit un café dans un café ; On joue sa vie dans la vie. »

Belle journée !


Manifeste du droit au silence…

Share Button

tour de Babel

J’ai, jusqu’à ce jour, parlé pour en dire peu…
C’est ce qu’ils pensent eux, qu’ils disent, écrivent avec hardiesse.
J’enferme cette colère brûlante comme un feu
Et noie bien trop souvent, l’objet qui tant me blesse !

J’en appelle muettement aux enfants et aux hommes,
Quels qu’ils soient : respecter ce droit au silence !
Ma colère… J’en appelle au ciel pour qu’il tonne !
Je revendique toutes mes actions de silence…

On ignore la douleur des mères que l’on blesse
On torture leurs enfants et si l’on peut, on tue !
Au nom de quoi ? De tout ? De la moindre faiblesse ?
Mon Dieu, pourquoi faire grandir ce nouveau monde perdu ?

Quand les corps tout entiers, de larmes se sont vidés,
Que les sourires cachent les tourments des chagrins,
Quand ils crachent des mots injurieux et souillés
JE CHOISIS LE SILENCE ! Tel sera mon chemin…

Et si tous les humains se taisent…
Que sera notre demain ?

© Joëlle W. décembre 2015

BONNE ANNÉE !