Catégorie : Atelier d’écriture personnel

Du temps et des mots !

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Forêt de mots de lettres

Forêt de maux et d’être.

Des modèles et puis…

Des mots d’elle, enfin !

Revenir à mon crayon noir

Saisir la page blanche

Ecrin pour ne rien dire

Ou plutôt…

Ne rien dire et tout écrire

Le délice d’un rêve en couleur

L’épouvante du noir cauchemar

L’inventaire de mon placard

La liste des courses

Qui restera inachevée…

Et au soir, à la brunante

Ou à l’aube naissante

Ecrire les vers désordonnés

Qui grouillent dans ma tête

En vers bien ordonnés, bien rangés

Sur le carré de papier.

Fracas d’ailes, brusque.

La chute, si douce, douce…

Assommé.

Le minuscule volatile

A fermé ses yeux.


Travail sur les mots… Sur les maux… Tout va bien !

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L’écriture est parfois quotidienne, parfois on ne peut plus rien écrire, parfois on vide un encrier…

Petit travail de février 2014, voilà :

 

Journée mélancolique…

Vers les pages blanches de mon cahier noircit à l’encre,
Remplit de mes mots,
De mes maux,
Ceux qui viennent comme ça,
Sans crier gare et coulent au bout de ma plume,
Ces mots qui se glissent dans ma gorge,
Qui étouffent et blessent en franchissant mes lèvres,
Et me forcent à les coucher sur les lignes de mon cahier,
Mouillés et noyés par mes larmes.
Ces mots couchés, penchés,
En pleins et déliés,
Comme ceux sur le cahier de cours préparatoire,
À l’encre violette et plume d’acier,
Où déjà, larmes de chagrin,
La difficulté d’écrire avec ce bout de quoi ?
Ce bout de bois entre mes doigts tachés,
Larmes d’orgueil blessé,
Se mêlent à l’encre,
Cette ancre qui m’entraîne au fond…
De ma rivière chagrin…
Déjà elle m’attirait, elle avait su…
Et entre deux eaux,
J’étais entre deux mots,
Entre deux rives entre deux,
Entre eux,
Dans eux…
Ces mots que je crie en silence.

Travail sur les mots… Sur les maux… Tout va bien. (14/02/2014)


Le passé nous retient…

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C’est normal à mon âge de parler de futur ? Le nouvel an… C’est bien le futur non ?

Louise Colet, Poétesse (1810-1876)

Louise Colet, Poétesse (1810-1876)

« L’avenir nous tourmente, le passé nous retient, c’est pour ça que le présent nous échappe. »
Gustave Flaubert (1821 – 1880) – Lettre à Louise Colet

Décidément, je reste dans cet intemporel que j’aime bien, un sujet qui ne se tarit pas…, le passé, le présent, le futur, le temps… Le temps qui passe est passé, passera…

C’est une histoire où, à l’heure de l’éveil, le temps se régale en nous faisant parfois quelques tours à sa façon, mélangeant les temps, permettant à, notre inconscient, de les conjuguer à sa guise, au risque de perdre la raison…

Confusion. Trouble. Ses yeux restaient fermés. Il lui était impossible de savoir si son corps s’éveillait avant son esprit. Il s’étirait dans son noir intérieur. Il s’étirait aussi de tout son corps comme un félin après la sieste…

Sa main, libérée de l’entortillement des draps, cherchait le bord du lit… tâtait l’oreiller voisin, cherchant l’autre…

 

Les derniers évènements, une lettre égarée reçue cinquante ans plus tard, l’avait bouleversé. Elle avait ébranlé son équilibre tranquille. Lettre pour sa mère, décédée trente ans plus tôt dans cette maison, la sienne. Sa journée d’hier défilait derrière ses paupières closes. Mémoire saturée, mémoire blessée, égratignée… Il s’accrochait à ce bord de lit, plissant fermement les yeux, refusant la douce clarté de l’aube, retrouvant sa solitude d’enfant dans le noir de sa chambre… Une vague de souvenirs le submergeait, de ces souvenirs rappelés par les blessures profondes du cœur, ces souvenirs de vie, d’amour, de peine, de joie, rassemblés dans les chambres de sa vie, lieux uniques où son esprit avait toujours su vagabonder, espace de l’inconscience, des rêves endormis ou éveillés, espaces de tous les possibles, où il était lui, et parfois un autre, où la solitude était parfois partagée, si rarement maintenant qu’il était à l’automne de sa vie !

Le lit tanguait ou c’était peut-être lui qui tanguait dans ce lit trop grand, comme lorsque, enfant, il montait dans sa chambre, en haut de cet escalier vertigineux, dans le noir, à tâtons. La tête lui tournait. Une ampoule de veilleuse diffusait une faible lumière, donnant aux objets des silhouettes effroyables, propices à l’éveil des monstres tapis dans l’ombre. Chaque soir il avait peur… Dans l’escalier, une petite fenêtre haute, trop haute pour qu’il puisse l’atteindre, donnait sur le jardin. Les soirs de pleine lune, les ombres des grands arbres s’agitant, ajoutaient encore à son angoisse. Et la fenêtre, toujours sur la clenche cognait, laissant le vent se glisser sournoisement, siffler ou gémir… Enfin il atteignait son lit glacial, le cœur battant, il s’y glissait, remontant le drap jusqu’au-dessus de sa tête pour trouver un peu d’apaisement. Quand les draps froissés retombaient sur lui, le silence lui faisait mal à la tête et le lit tanguait encore et encore, il était au bord de l’évanouissement mais finissait par s’endormir, en sueur. Parfois dans un état de veille, le rayon de lune filtrant par les persiennes lui laissait apercevait la silhouette de sa mère, comme ce matin… Il goûtait au délice d’un baiser trop rare. Il savait maintenant…

 

A suivre…

Ecrit en janvier 2016