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Affiche « ordre de mobilisation générale », cote AE/II/3598 – Source : gallica.bnf.fr / BnF

Le début…

Extrait 1

Montmirail, lundi 3 aout 1914.

C’est commencé, ça y est. C’est le branlebas de combat dans la ville. Le garde-champêtre annonce la mobilisation de tous les hommes. Faut se rendre à la mairie et lire le décret du Président Poincaré. Mince. Mon jean il va être dans le lot. A Viels-Maisons, ça doit être pareil. Pourvu que l’on se voit avant son départ…En plus des hommes, ils nous prennent les chevaux, les voitures et les harnais. Ça va être dur les moissons chez mon oncle.
Je suis allée chez les sœurs pour voir si elles avaient besoin de moi. Non pour les soins. Oui cet après-midi pour la préparation de la cour et d’un bâtiment. Des ambulances vont être installées à Saint-Michel. Elles m’ont dit que les militaires en mettront aussi à l’hospice Saint-Vincent, à la Maison Petit et au Couvent fermé de Montléan. C’est presque excitant tout ce bazar si ce n’était la préparation des postes de soins à l’arrière d’un front de guerre… Enfin, pouvoir soigner.

 

Montmirail, mardi 4 aout 1914

Le Petit Parisien : journal quotidien du soir – (Paris) – 1914-08-02 – Source : gallica.bnf.fr / BnF

Hier soir j’étais trop fatiguée pour parler de l’ambiance incroyable en ville. La gare était animée et joyeuse. Les gars qui partaient déjà chantaient la Marseillaise ; comment peut-on se réjouir de la guerre ? Il y avait de gros encombrements à la Porte d’En Bas quand je suis allée à Saint-Michel. Les charrettes faisaient le tour de la place pour sortir.
Et à Paris, chez les grands-parents, comment c’est ? Peut-être le facteur va nous porter un courrier bientôt. Si les parents voyaient cette pagaille… Ils sont mieux où ils sont, les pauvres.
Beaucoup de travail en perspective : ces messieurs de la mairie dirigent tout d’après les consignes officielles. C’est à l’hospice que la garderie d’enfants s’organisera dès demain sous la surveillance de la Mère Supérieure. Il est prévu une repas gratuit par jour pour ces pauvres petits. C’est Madame Dufour, l’ancienne aubergiste, qui organise tout. Ça fait chaud au cœur de voir cette grande solidarité.

Pas de nouvelle de Jean.

 

A suivre…