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Fin de balade autour de la ville, au gré des rues. Je me repose. Rue de la Gare. Sur le banc je regarde les gens qui passent.

– « Alicia ! ». Alicia, petite poupée d’environ quatre ans déambule. Kway rose, mains dans les poches de son pantalon noir. Sa maman la rappelle à l’ordre.

  • « Bonjour ! ». Ils sont six à dire bonjour.

Et puis la montagne m’appelle, dévorée par ses humeurs brumeuses. Elle me hèle.

A bien regarder, il y a plusieurs étages de verts différents, bien délimités. Différentes essences sans doute, les plus sombres tendent vers les sommets, crêtes dentelées des pins sylvestres. Les humeurs humides délavent les arêtes.

De mon banc, nulle menace ; De ces menaces qui m’écrasaient jusqu’au vomissement à Bagnières-de-Luchon. Enceinte de l’enfant éclair, si pressé de vivre et de repartir… Aurais-je du prêter plus attention à ces menaces ?

Au cœur de la forêt, sur ses sentiers, le danger n’est plus. C’est tout le contraire. Un apaisement, une protection, une bienveillance, venus des arbres eux-mêmes. Oui, la forêt dissimulait mes inquiétudes des hauts sommets écrasants qui disparaissaient derrières la canopée bruissante des pensées des arbres. S’ils pouvaient communiquer entre eux, ne pouvaient-ils pas m’avertir du futur, de l’insoutenable futur ? Pour peu qu’ils l’aient fait, j’étais trop faible ou inattentive à leur langage…

Dimanche 11 août 2019 après-midi à Cauterets