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Un article jamais envoyé.La Dame de Ladignac est parfois bien timide…
Il est tiré d’un « roman » inachevé bien sûr… Et depuis ma participation aux ateliers d’écriture de la Maison de Lustrac (hameau de la commune de Trentels-Ladignac), je me suis rendu compte qu’il y a de la réécriture à faire.

Mais pour l’instant, faites connaissances avec quelques-uns des personnages… Si vous le voulez bien !
A vous lire un de ces jours…
Amicalement,

LA GRANGE DE VIDALC’est en revenant vers la maison, après avoir nourri les bêtes de quelques poignées de foin, que Catherine l’aperçoit. Le père Louis, venant de Ladignac est arrêté là, à l’entrée de la cour devant la ferme. Elle n’en revient pas de le voir là, comme s’il l’attendait… Sur son flanc, une grosse bosse.

– « Ben M’sieur l’curé, ce n’est pas l’temps pour rester déhors !…Qu’est-ce qui vous amène si tôt ?  …Entrez… Mais entrez donc vous mettre au chaud !»

Le père Louis ne se fait pas prier. Jean qui guette le retour de Catherine, ouvre la porte. Les petits curieux sont encore sous la couette familiale dans le lit à rideaux. Ils dorment et c’est bien ainsi. Après les salutations d’usage, le couple propose de partager la soupe. Mais Louis qui accepte bien volontiers, décide d’aller droit au but. Avant tout parler de son jeune fardeau.

Louis libère son épaule du panier qu’il pose sur la table et attrape la petite Jeanne qui se réveille, pas du tout contente, et pousse des cris de désapprobation. Catherine et Jean sont surpris, mais se penchent sur la petite, tous deux attentifs aux pleurs.

–       « C’est une petite tombée du nid, abandonnée !  Et rien dans ses linges, aucune petite chose qui m’permette de savoir ses père ou mère pour l’instant… dit Louis. Et comme tu vois, je suis bien en peine de faire quelqu’chose pour elle. La pauvrette doit être bien affamée…  J’l’ai nommé Jeanne. Le baptême c’est pour dimanche à la grand’messe, reste juste à lui trouver parrain et marraine ! »

givre dans la campagne reductionCatherine, spontanément lui donne la réponse attendue. Il ne s’est pas trompé le père Louis, c’est la bonne mère adoptive pour sa petite protégée.

            – « Mais qui va lui donner le sein à cette petiote ?» s’empresse de dire Catherine qui n’en peut plus d’entendre Jeanne qui pleure de faim maintenant. Elle prend la petite dans ses bras et de la tête, invite les deux hommes à se mettre à table, et spontanément défait les liens de son lainage et ouvre sa chemise. La petite bouche ne cherche pas longtemps la poitrine généreuse de Catherine. Elle la guide à peine… S’ensuit un bruit régulier de succion qui rassure l’assemblée.

–             « Mon père, on garde la p’tite. Le Jean et moi, on la prend… si vous voulez bien ? ».