Share Button
Chuchotement de l'amour - William-Adolphe Bouguereau

Chuchotement de l’amour – William-Adolphe Bouguereau

Je ne peux pas aller rejoindre mon aimé
Car il pleut tant et tant que je ne verrais rien.
Je ne peux entrevoir, là-bas, les saules penchés
Sur l’onde, effleurée par les âmes qu’elle retient.

Dans ma prime jeunesse, j’allais m’y promener
Sous l’œil bienveillant de ma tendre maman.
J’y rêvais sur le banc, mes jupes ramassées,
Dans mes cheveux simplement, la chanson du vent.

Mes rêves étaient peuplés de princes et de seigneurs
Comme dans le conte ancien de la belle et la bête…
Mendiante, jeune fille prisonnière ou jeune sœur
J’étais l’une d’entre-elles, sans vivre de malheurs…

 …

Aujourd’hui, j’ai quinze ans j’ai fui mon maître.
Père a rejoint les âmes dans l’onde bouleversée
Mon cœur lui s’est vidé, et empli de mal-être
Figé sur le tableau d’une enfance achevée.

Au désespoir, j’allais sur les rives de l’étang
Chemise de nuit blanche, j’entrais dans les flots,
Pour en finir avec ce monde inquiétant.
Mes yeux pourtant, trainaient vers les si blancs bouleaux…

Je faillis un instant…Froid… Mes yeux s’entrouvrant,
Les bras puissant d’un homme me soulevaient des eaux.
Sur la berge, il me pose et effleurant ma joue,
Y pose, un baiser et me dit quelques mots…

Sa voix réveille alors mes souvenirs d’enfants
De gaies balades, de tendres confidences,
Auprès des enfants, des amis, des parents
Venant chaque année dans notre résidence.

Mon cœur, de toutes ses forces, saisit l’instant.
Et mon doux compagnon, devint mon chevalier…
C’est lui que j’attendais, dans mes contes d’enfant !
Et bientôt pour la vie, tous deux nous serons liés.

Mais je ne peux aller rejoindre mon amant
Car il pleut tant et tant .Dois-je être inquiète ?
J’ouvre grand mes volets, le vent porte son chant !
Alors je suis en paix. Il est sous la gloriette…

(Joëlle Willems-Lenne – 2013)

Au bord du ruisseau...

Au bord du ruisseau… – William-Adolphe Bouguereau